Mercredi 20 juillet 2011
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« Souvenez-vous les gars. Vous aviez 16 ans. Une coiffure approximative. Des idées de rebelles plein la tête. Un goût prononcé, voire affirmé pour la musique. Et comme une
très lointaine idée de ce que vous rapporte un livret A. Pourtant, si on vous avez parlé de jeune à jeune, sur un fond de Talking Heads, vous auriez plongé. C’est mathématiquement
mercatique ! »
Grosso modo, c’est ce que doivent se dire les responsables marketing des différents groupes bancaires de l’hexagone. Grosso modo, j’ai dit.
Du coup, les initiatives foisonnent. Passons sur la participation du Crédit agricole au capital de Skyrock., ce n’est pas marketing, c’est financier. Ainsi, on note que cela fait
une petite dizaine d’années que les banques traditionnelles s’y sont mises. Sentant venir l’enthousiasme des « jeunes » pour les banques dématérialisées, il fallait agir. Car, ferré à
16 ans, le client d’une banque reste majoritairement fidèle.
Alors comment ?
La base, c’est l’accès privilégié à des mp3 moins chers (ou offerts même), l’invitation à des concerts, des festivals, des playlists (Deezer et la Banque Postale).
D’autres visent le package : grâce à son association (50% du marché, ça simplifie le choix d’une exclu) avec Universal, la Société Générale propose du titre à pas cher, des
places de concerts et même des concerts privés pour découvrir de nouveaux talents et l'assurance de son lecteur MP3. De plus, Fred et Farid leur a fait une pub sympa.
Vous avez aussi le précurseur stakhanoviste, Crédit Mutuel. Tel un compositeur frustré devenu à regret cadre dans une société confidentielle, le groupe bancaire a soif de
reconnaissance musicale : Victoires de la musique, Main Square Festival, Fête de la musique, Printemps de Bourges, le Crédit Mutuel donne le la dans tous les sens. Pourquoi pas.
Un peu plus original : Sound Places, mise en place par la Caisse d’épargne vous propose de situer et de découvrir de nouveaux talents…
très parisiano-parisien pour le moment. L’initiative est cependant à saluer. Dans un futur proche, on aimerait découvrir un agenda un peu abouti réunissant dates et lieux dans lesquels passent
les jeunes pousses pour les découvrir en vrai de vrai.
Finalement, lorsqu’il s’agit de services à adjoindre à une carte, les banques tirent souvent les mêmes ficelles. L’originalité réside forcément dans les à-côtés, les bons plans
donnés, organisés ou promus qui vont apportés un sens, une légitimité aux marques. Comme souvent on le rappelle, si l’on veut communiquer un état d’esprit, s’en imprégner et épouser les valeurs
et les références, il faut le déconnecter de toute offre mercantile. Il y a un temps pour tout, faire de l’image ou faire des affaires.
Cependant, nous pouvons donner quelques pistes pour les opérations futures : à quand le naming de groupe et le premier EP du Banque Pop' Band ? à quelle heure le
prochain concert dans l’agence du coin de ma rue ? Entendrai-je un jour le parfait riff de gratte lorsque je valide mon code à la caisse de mon supermarché ?
Et avant que ce ne soit trop tard, verrai-je Jérôme Kerviel au Bataclan ?